Thierry Rollet : Ce que souhaitent les libraires

Beaucoup d’auteurs (tous, en vérité) souhaitent que leurs livres soient diffusés en librairie. Cependant, de moins en moins de libraires acceptent des envois d’offices, c’est-à-dire de recevoir des cartons de livres envoyés d’office, donc sans sollicitation, par les éditeurs.

Quelques libraires préfèrent, à la rigueur, recevoir un ou deux exemplaires de telle ou telle nouveauté. Ils sont de plus en plus rares, répétons-le. Seules, les librairies complètement inféodées aux grands éditeurs de la place parisienne reçoivent les nouveautés par cartons entiers – entendons-nous bien : il s’agit de librairies qui appartiennent à ces grands éditeurs.

Même les livres de poche voient leur diffusion en librairie se restreindre. Chaque libraire choisit lui-même les ouvrages qu’il souhaite voir dans ses rayons, selon sa spécificité éventuelle ou tout simplement les ventes déjà réalisées pour tel titre ou telle collection. En surplus, bien entendu, viennent les commandes directement effectuées par la clientèle.

Les libraires disposent d’excellents outils pour s’informer des nouvelles parutions : les bases de données Electre et Dilicom, la revue Livres Hebdo (publiée par Electre), ainsi que les catalogues des éditeurs. N’en doutons pas : les libraires n’hésitent jamais à se renseigner directement sur les catalogues papier ou Internet des éditeurs – Internet surtout, le meilleur moyen de communication et d’information qui soit à l’échelon mondial.

J’en parle par expérience, étant moi-même éditeur (Éditions du Masque d’Or). Plusieurs fois, j’ai proposé à certains libraires (choisis parmi mes meilleurs clients) de recevoir des exemplaires de mes nouveautés (1 ou 2 de chaque), qui pourraient être retournés ou payés au bout d’un délai raisonnable. Tous les libraires m’ont répondu qu’ils manquaient de place sur leurs rayons et préféraient répondre aux commandes et se renseigner sur mes catalogues en ligne.

Comme quoi l’envoi d’offices est bien obsolète de nos jours et la diffusion électronique moderne, tout aussi informative et publicitaire qu’autrefois, permet de réaliser d’importantes économies sans que les ventes en souffrent.

Reste que, si bien des livres se vendent mal, c’est parce que le public et/ou les libraires ne les plébiscitent pas… Mais ceci est une autre histoire, en vérité sans fin… !

par Thierry ROLLET

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2 Responses to Thierry Rollet : Ce que souhaitent les libraires

  1. Ce n’est pas aussi systématique. Je suis un "petit" éditeur et j’ai une fidèle clientèle de libraires qui me fait des commandes régulières, même sans commandes de sa propre clientèle. Mais il y a des livres qui se vendent mieux que d’autres, c’est la loi du marché, aussi imprévisible que des pronostics de tiercé. Je pense malgré tout que le sujet du livre y est pour beaucoup.

  2. J’ai moi-même édité 2 livres

    Pour des "petits" éditeurs, les livres ne sont jamais achetés par les petites libraires. S’ils ont connus son existence, ce sont les clients qui demandent aux libraires, qui recherchent dans les bases et qui commandent. S’ils sont sollicités, ils en prennent en dépôt et ne paient qu’après vente. Sinon, dans les grandes librairies Fnac, etc…, il faut se faire référencer. Puis solliciter les différents sites pour qu’ils passent commande et paient avec retour d’invendus. Ce n’est pas pour cela que le livre est exposé. Il ne le sera, que s’il commence à avoir un peu de notoriété. avec une durée plus ou moins limitée. Ensuite, il se retrouve au fond d’une étagère et même remis en stock.

    Mon 5ème livre sorti : L’Europe et surtout la France, malades de leurs "Vieux"
    http://www.livres-daniel-moinier.com

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