CNETFrance : 90% des Français réfractaires à l’ebook… pour l’instant

Par Florent Taillandier : Le rapport rendu par Opinion Way à l’occasion du récent Salon du Livre met en lumière le “succès” très limité de l’ebook en France. 95% des Français n’ont pas lu de livre numérique, et 90% des Français ne comptent pas le faire. Des chiffres que l’on peut interpréter de plusieurs manières… Plusieurs sites font en ce moment le même constat concernant le livre numérique : les Français ont du mal à s’y mettre. Avec 0,3% du chiffre d’affaires de biens culturels alors que le numérique représente tout de même 10%, le livre ne réussit pas à séduire dans sa version numérique. De là à dire que le livre numérique est mort-né, il n’y a pas loin pour beaucoup d’observateurs. Mais on peut aussi l’analyser différemment, et considérer que ces chiffres sont le simple reflet de la non-attractivité de l’offre proposée actuellement au consommateur.

Les raisons d’un tel désintérêt sont multiples : prix des ebooks, politique des maisons d’édition, catalogue limité, téléchargement illégal, et attachement au papier bien sûr… Plutôt que de me répéter, je vous renvoie vers le billet “Pourquoi l’ebook a du mal à séduire les français“, publié ici-même il a quelques jours.

Une récente étude d’opinion Way, le baromètre des usages du livre numérique, pour Sofia, le Syndicat national de l’édition (SNE) de la société de gens de lettres (SGDL) permet d’avoir quelques chiffres concrets sur cette désaffection. L’étude a été réalisée auprès de deux échantillons de population. Le premier échantillon de 2014 personnes, représentatives de la population a été contacté par téléphone ou à domicile. Le deuxième échantillon était constitué de 505 personnes utilisatrices de livres numériques, de 18 ans et plus.

Les chiffres sont éloquents : pour le premier échantillon (population type), 95% ne lisent pas en numérique, 90% n’envisagent pas de le faire, et les 10% restants qui restent se composent de 5% qui ont déjà lu au moins un ebook (2% en entier, 3% partiellement), et de 5% qui envisagent de le faire. Parmi les raisons invoquées de préférer le papier, on trouvera le confort de lecture, le choix proposé, le plaisir de lire, et la possibilité d’offrir. Pour beaucoup plus de chiffres, concernant les appareils de lecture utilisés, les proportions de gratuit et de payant, les formats les plus utilisés, ou l’offre illégale, je vous renvoie vers l’étude complète (au format PDF).

Le chiffre de 90% d’utilisateurs qui n’envisagent pas de passer le cap du lire numérique donne l’impression que le livre numérique n’a aucun avenir, mais cela mérite d’être pris avec des pincettes. Si cela correspond bien à la situation actuelle (où l’offre est tout sauf attractive face au papier), il ne faut pas oublier à quel point les positions et avis sont fragiles. Les plus “vieux” d’entre vous se rappelleront combien l’idée d’avoir un téléphone portable était ridicule il y a de cela quelques années. Idem pour les tablettes il n’y a pas si longtemps.

Il suffit de regarder aux Etats-Unis, qui ont lancé leurs offres quelques années plus tôt pour voir ce qui a lieu : certains chiffres annoncent qu’une personne sur 5 serait équipée d’un Kindle, et peut-être plus encore bientôt. Il y a bien sûr des raisons culturelles, mais l’offre de matériel complète, des prix plus bas que le papier, des catalogues très vastes, un véritable investissement des acteurs et quelques années d’avance expliquent aussi cette différence.

On peut bien sûr imaginer que la France résistera au livre numérique au nom d’une culture différente, mais il est plus probable que les choses se mettent à changer, que l’offre se structure, que les fabricants innovent, que les éditeurs finissent pas accepter de baisser les prix, que le catalogue se développe fortement, et que les fabricants de matériel arrivent à séduire à grands renforts de publicité et de marketing.

Imaginez simplement qu’Amazon (ou un autre) décide dans quelques temps d’offrir son lecteur en contrepartie d’un abonnement de quelques euros par mois donnant accès à un catalogue important ? 90% des Français resteraient-ils hermétiques ? Pas si sûr…

Source : CNETFrance

Littérature érotique : PayPal recule sur la vente d’ebooks

Actualitté : C’est un cri de victoire assez modeste que vient de lancer Smashwords. La plateforme de vente de livres numériques destinée aux auteurs et éditeurs indépendants, depuis fin février criait au scandale contre la politique de PayPal. C’est que le service de paiement en ligne avait décidé d’interdire l’achat de titres de fiction contenant des éléments à connotation sexuelle. Ouch.

Mark Coker, dans un billet, fait ainsi suite à lettre ouverte adressée à PayPal. « Les paiements électroniques sont l’oxygène du e-commerce et des ebooks, ce qui donne à PayPal, aux banques et aux cartes de crédit un énorme pouvoir  », expliquait-il. Eh bien, après un passage à San José, pour rencontrer les équipes de PayPal, ce dernier a obtenu gain de cause.

La politique et les CGV de PayPal ont été modifiées pour autoriser la vente d’ebooks érotiques, en toute légalité. « C’est une victoire pour tous les écrivains et les lecteurs », assure Mark Coker. De quoi rendre « la fiction plus accessible à davantage de lecteurs. Cela offre une plus grande liberté aux écrivains, de s’exprimer. Cela donne aux lecteurs une plus grande liberté de ce qu’ils veulent expérimenter dans leur espace intime de leur imagination »

Depuis le 18 février, et le courrier-ultimatum de PayPal, le site Smashwords était monté au créneau, luttant contre la décision d’interdire l’achat de ces ebooks.

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Près d’un Américain sur trois lit sur tablette ou lecteur ebook

Actualitté : Une récente étude réalisée par Harris Interactive montre combien les outils de lecture numérique s’ancrent dans les habitudes des consommateurs d’outre-Atlantique. Tablettes ou lecteurs ebook prennent la tête largement, pour satisfaire les envies des uns et des autres et assouvir les besoins de lecture.

Menée au mois de février, l’étude pointe que 28 % des adultes des États-Unis ont recours à une tablette ou un lecteur ebook pour lire des livres. La hausse est considérable, en regard des résultats de cette même étude, réalisée en juillet 2011. À l’époque, 15 % seulement des lecteurs utilisaient ces appareils.

Lecture numérique, en pleine évolution

Pourtant, les digital natives ne représentent pas les plus intéressés par ces outils. 30 % des 18/47 ans utilisent des lecteurs ebook (écran noir et blanc), contre 24 % des 48/66 ans, et 28 % des 67 ans et plus. Cependant, ces chiffres sont toujours susceptibles d’évoluer avec le temps, surtout que 13 % des Amricains assurent qu’il achèteront un lecteur ebook dans les six prochains mois. Ils étaient 15 % en juillet dernier à souhaiter acheter un appareil.

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Sexe et ebook : Smashword supporte mal les leçons de Paypal

Actualitté : Paypal avait déjà annoncé à Smashword, site d’auto-édition en ligne (qui rémunère les auteurs grâce à son système) qu’il couperait les vannes si ce dernier n’interdisait pas la vente de livres suggérant érotisme, viol ou autre sujet choquant (voir Actualitté).

La controverse avait débuté en février, les auteurs et éditeurs ont été immédiatement concernés. Mais Smashwords riposte, et a décidé de faire savoir les tentatives de contrôle de Paypal à sa clientèle. Le site a donc fait circuler un mail, dès le 5 mars, résumant la situation.

Il est possible de signer une pétition en ligne à cette adresse.

Depuis le 28 février, tous les ebooks à connotation érotique, ou contenant des allusions à de la bestialité, des viols ou des incestes, sont ainsi rejetés par PayPal. Mark Coker, fondateur de Smashwords, déplorant cet ultimatum, envoyé dix jours plus tôt, estimait qu’il s’agissait d’une réelle meance pesant sur la société. « PayPal nous a donné quelques jours pour nous conformer à leurs exigences, et atteindre leur conformité, faute de quoi ils menacent de désactiver nos comptes PayPal. »

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Attention, la censure frappe encore : Quand PayPal se pique de moralité sur la vente de livres numériques

Attention, la censure frappe : Le service de paiement sécurisé en ligne, PayPal, avait joué un fameux coup de Trafalgar à la plateforme Smashwords. En effet, le distributeur des éditeurs et auteurs indépendants, qui avait pleinement intégré l’outil de paiement à ses services de commercialisation d’ebook, s’était pris un courrier pas vraiment des plus appréciables.

La semaine passée, PayPal donnait ainsi le ton : à compter de maintenant, interdiction formelle de passer par son outil de transfert d’argent en ligne pour la vente de livres contenant des passages érotiques ou sexuels, tout bonnement. « PayPal nous a donné quelques jours pour nous conformer à leurs exigences, et atteindre leur conformité, faute de quoi ils menacent de désactiver nos comptes PayPal », commentait Mark Coker, fondateur de Smashwords… (voir Actualitté).

Du sextape, au Taper sur le sexe

Mais la décision, si elle ne faisait pas que des heureux chez les usagers de Smashwords, provoquait également la levée de boucliers des professionnels. Déjà qu’Apple exerçait une pression et une censure farouches sur les oeuvres et applications commercialisées, personne n’avait réellement besoin qu’un autre acteur du net en rajoute une couche. D’autant plus que ces derniers, et nouveaux censeurs, n’ont clairement aucune compétence littéraire pour juger de choses écrites, et se réfugient derrière des conditions générales de vente purement déshumanisées.

C’est un peu la perspective d’Amazon, qui refuse de communiquer sur les meilleures ventes de livres numériques sur Kindle, à compter du moment où ces oeuvres relèvent du monde érotique, on l’a encore déploré récemment. Ces livres-là, ils figurent bien sur les listes des Top 100 de meilleures ventes, mais avec une discrétion rarement atteinte.

Érotisme et pornographie sont donc interdits de passage sur la plateforme PayPal : si l’argent n’a pas d’odeur, il vient en tout cas de s’offrir une moralité qui n’est pas évidente à comprendre. Car depuis l’histoire Smashwords, il s’est avéré qu’en fait, plusieurs autres éditeurs qui commercialisaient de la sorte leurs livres numériques ont été frappés de la même manière. Manifestement, un coup de pression de la part des sociétés bancaires comme Visa, MasterCard ou American Express et consorts, a suffi à faire plier PayPal.

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Quand la censure nous tient par la main : PayPal dicte ses conditions à Smashwords sur la vente d’ebooks

Actualitté : Smashwords permet depuis plusieurs années aux petites maisons d’édition, de commercialiser leurs oeuvres numériques au travers des plateformes plus importantes. Smashwords se charge de passer les accords et tout le monde est content. Mais voilà : un petit souci avec PayPal va mettre un peu de vinaigre dans toute cette belle sauce…

La plateforme d’édition est en très forte croissance, à la mesure de ce que peut être le marché du livre numérique outre-Atlantique, finalement. Et au-delà des plateformes marchandes comme iBookstore ou Amazon où l’on peut retrouver les ebooks de Smashwords, il est aussi possible de les acheter en direct, via PayPal.

Sauf que dans un courrier adressé à l’ensemble des usagers et utilisateurs de Smashwords, le grand patron vient d’expliquer que PayPal allait mettre en place une politique plus drastique de contrôle sur les ventes. En effet, à compter du 28 février, tous les ebooks à connotation érotique, ou contenant des allusions à de la bestialité, des viols ou des incestes, seront rejetés.

Mark Coker, fondateur de Smashwords, explique ce cet ultimatum envoyé le 18 février dernier est une réelle contrainte pesante sur la société. « PayPal nous a donné quelques jours pour nous conformer à leurs exigences, et atteindre leur conformité, faute de quoi ils menacent de désactiver nos comptes PayPal. »

Nous ne souhaitons pas être alarmistes, mais nous croyons que nous entrons dans une ère où la censure prendra de plus en plus de place dans nos vies (voir le dossier Anonymous). Si la population ne réagit pas à de telles politiques, il ne serait pas étonnant que d’ici quelques années nous ayons perdu nos libertés si longuement acquises. Comme l’écrit si bien Clément Solym : “si le service de micropaiement commence par contrôler une partie du contenu que l’on peut acheter par son biais, la limite n’existera bientôt plus” (Actualitté, 27 février 2012). Les Éditions Dédicaces ne se spécialisent pas dans les ouvrages érotiques, mais nous sommes entièrement contre cette forme de censure qui nous mène à un terrain très glissant…

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Actualitté – Canada : bilan des ventes papier et numérique de livres

TEXTE INTÉGRAL : La campagne National Reading qui se déroule au Canada vient de mettre à jour quelques chiffres sur les habitudes de lecture du pays. Une perspective entre janvier 2011 et 2012, qui livre des données sur les ventes, mais également sur la circulation des oeuvres dans le pays.

C’est la première année que la NRC comptabilise les ventes de livres numériques. Et pour les ventes de livres anglais dans le pays, l’ebook représente désormais 10 % du chiffre d’affaires. Les bibliothèques publiques, de leur côté, indiquent que 3 % des ouvrages en circulation se font en version numérique. De quoi placer le pays parmi les plus avancés dans l’évolution de la lecture numérique.

Sur l’année, 1.153.081 livres ont été vendus par l’ensemble des détaillants, y compris Indigo Books & Music ou Amazon.ca, et quelques 260 librairies indépendantes à travers le pays. La hausse des ventes de livres en anglais est de 4 % en regard de la même étude de l’an passé. En parallèle, 111.053 livres numériques ont été vendus. Comme aucune autre donnée n’existait auparavant, impossible de savoir ce que cela représente, mais les éditeurs avouent qu’ils ont pu assister eux-mêmes à une véritable augmentation.

Pour les bibliothèques, ce sont 2.141.553 livres qui ont été empruntés depuis les 28 établissements participant à la comptabilisation. 63.196 ebooks ont également été téléchargés depuis les postes des bibliothèques. On comptabilise ainsi une hausse de 8 % pour la circulation des livres papier et de 50 % pour les livres numériques. En tout, c’est une hausse de 9 % pour les établissements qui ont pris part à ces mesures sur les douze mois.

Pour ce qui est des ventes de livres en français, l’année fut bonne, avec + 35 % de ventes. Cependant, le chiffre ne reflète pas vraiment une augmentation du nombre de livres achetés, mais plutôt une augmentation de l’offre. Aucune vente numérique n’avait été réalisée dans le pays, sur les douze derniers mois (voir le communiqué en PDF).

Nous remercions Actualitté pour cette information.

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