Contre les DRM, que les consommateurs votent avec leur portefeuille

Actualitté : Le 4 mai dernier, une journée internationale contre les DRM a été lancée par le collectif Defective by Design. Soutenue par nombre d’associations et organisations professionnelles (Electronic Frontier Foundation, Creative Commons, the Accessible Computing Foundation, Fight for the Future, APRIL, et les organisations filiales de DbD FSF France, FSF India and FSF Europe).

Cette journée avait pour vocation d’avertir et expliquer le danger que peuvent représenter les DRM pour les livres numériques, qui ont véritablement la cote. Car, si de nombreux éditeurs connus ont décidé de soutenir la journée du 4 mai, il faut encore « encourager les auteurs et les lecteurs à voter avec leur portefeuille ». En somme, inviter à ne plus acheter de livres numériques qui contiendraient des DRM.

De nombreux événements au cours de cette journée se sont déroulés un peu partout dans le monde – Espagne, Floride, Japon, Angleterre, Portugal, et bien d’autres. « Ces événements locaux sont particulièrement importants, car ils activent le bouche à oreille », souligne DbD. Il revient en effet aux consommateurs de protester contre la présence de DRM, éléments gênants dans la vie de l’utilisateur et surtout, privation de liberté.

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L’industrie du copyright a mis tout le monde à genoux

Actualitté : La propriété intellectuelle reste une valeur farouchement brandie par les uns et les autres. Promesses d’emplois, de développement et de croissance, les secteurs culturels se battent pour conserver leur actuelle existence. Mais Torrent Freak propose de remettre un peu en question la main mise sur ces enjeux : après tout, pourquoi les défenseurs du droit d’auteur auraient-ils le dernier mot ?

Un outrage intitulé The Case for Copyright Reform, à télécharger et partager massivement, revient en effet sur une série de propositions émanant… du Parti Pirate. Il rassemble plusieurs essais parus ces dernières années, et de multiples contributions sur le sujet. Plusieurs propositions politiques menées par les Verts au Parlement européen, quoiqu’originaires du Parti Pirate, sont également proposées.

L’une des grandes idées est de ramener à 5 ans la durée du droit d’auteur, plus que 70 ans après la mort, avec une extension à 20 ans, grâce à différentes formules possibles. Mais ce qui frappe, ce sont les différents commentaires formulés sur ce sujet, précisément, que l’on retrouve dans Reddit.

Évidemment, peu d’éditeurs accepteraient une telle perte de contrôle sur les oeuvres et les revenus qu’ils perçoivent actuellement. D’autres notent que la situation actuelle permet aux ayants droit de continuer à percevoir des droits sur les oeuvres durant de plus longue durée, grâce à des exceptions aujourd’hui consacrées. Bref, autant de réactions qui démontrent une certaine résignation de la part du public, là où l’on pourrait attendre un peu plus de détermination.

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N’accusez pas votre éditeur !, par Thierry Rollet

Tout auteur publié doit être conscient que tout éditeur gère son fonds et son catalogue comme il l’entend. En outre, 90% des éditeurs du monde se diffusent eux-mêmes et impriment à flux tendu, c’est-à-dire selon les commandes qu’ils reçoivent – ils peuvent bénéficier pour cela de la grande souplesse et du professionnalisme avéré de leur imprimeur.

C’est pourquoi tout éditeur ne saurait être tenu pour responsable des méventes que peuvent connaître certains des ouvrages qu’il publie.

Les conditions citées au 1er paragraphe de cet article se retrouvent dans la plupart des contrats d’édition. On peut les supposer claires pour toute personne disposant d’une intelligence normale et ayant eu la patience de lire le contrat jusqu’au bout avant de le signer. En outre, il est conforme aux usages de la profession d’éditeur :

  • de ménager une période de quelques mois entre la signature du contrat d’édition et la sortie du livre, afin d’effectuer une pré-publicité ; le livre étant ainsi susceptible de pré-commandes, il est faux de dire qu’il n’a pas été exploité dès la signature du contrat ;
  • de disposer ou non d’un diffuseur ; la plupart des éditeurs se diffusent d’ailleurs eux-mêmes, y compris parmi les plus importants, parce que les diffuseurs ont aujourd’hui une mauvaise réputation évidente due surtout aux marges exorbitantes qu’ils exigent de la part des éditeurs et qui équivalent souvent pour ceux-ci à des ventes à pertes ; on rappellera que le Code du Commerce, en France, interdit les ventes à perte ;
  • d’effectuer la diffusion comme bon lui semble, puisque, selon chaque contrat, l’éditeur devient propriétaire de la totalité des droits d’auteur patrimoniaux sur ledit ouvrage pour toute la durée du contrat. Cela revient à dire que l’éditeur dispose de l’ouvrage comme il l’entend pendant toute la durée du contrat ; il doit rester cependant ouvert à toute suggestion de la part des auteurs, sans pour autant s’engager à les accepter.

C’est pourquoi l’éditeur ne peut accepter d’être accusé des méventes d’un livre, du moment qu’il a fait son travail – précisé dans le contrat – et que l’auteur a fait le sien, car la promotion est toujours un partenariat auteur-éditeur. Par conséquent, auteurs, ne considérez jamais votre éditeur comme un adversaire qu’il faut cravacher ou menacer pour en obtenir quelque chose.

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Radio-Canada : Entrevue intéressante au sujet du monde de l’édition

Plus on est de fous, plus on lit! (Radio-Canada) : À l’heure du livre électronique, on ne craint plus seulement la disparition du livre en format papier, mais également la raréfaction des maisons d’édition. Nous vous invitons à écouter une entrevue fort intéressante avec Mélanie Vincelette, fondatrice des éditions Marchand de feuilles, Antoine Tanguay, fondateur des éditions Alto, et Éric de Larochellière, fondateur des éditions Le Quartanier, qui sont réunis pour discuter de la réalité du monde de l’édition et pour clarifier leur rôle en tant qu’éditeur dans le milieu littéraire québécois.

Inquiétant : Le difficile métier d’éditeur canadien

Actualitté : Sur l’émission de radio Hour One, diffusée sur CBC, sont intervenus dimanche dernier trois éditeurs canadiens afin d’expliquer les difficultés rencontrées dans leur métier. Leur peur principale : un possible manque de soutien de leur gouvernement.

Margie Wolfe, présidente de l’Association des éditeurs canadiens, directrice de la maison d’édition Second Story Press qu’elle a cofondé, Patsy Aldana, directrice et fondatrice de Groundwood Books, ainsi que Scott McIntyre, directeur de la maison Douglas and McIntyre, se sont retrouvés pour une heure d’émission, et ont évoqué les fiertés de leur métiers, ainsi que les problèmes relatifs à l’époque et aux nouvelles perspectives de l’édition.

Les canadiens lisent-ils moins?

Selon Scott McIntyre, non. mais selon selon Patsy Aldana, « nous formons de bons lecteurs qui n’ont plus le goût de lire ». Cette situation est plus dangereuse  que ce que l’on croit, selon elle. A quoi bon produire des livres en si grand nombre si on ne connecte plus les lecteurs à ces livres? Il est vrai que la question des ressources est centrale dans ce débat, d’autant plus que les éditeurs semblent de moins en moins aidés dans ce domaine. Scott McIntyr note par ailleurs que « les éditeurs canadiens ont toujours été remarquables par leur résilience », par leur capacité à s’adapter.

Appauvrissement de la demande, donc… et de l’offre.  Les grands détaillants ont une offre 20% moins intéressante, mais contrôlent 75% des ventes dans le pays. Aucun autre pays n’aurait ce genre de concentration.

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Thierry Rollet : Être un auteur reconnu…

Par Thierry Rollet : Un auteur que j’ai récemment publié m’indiquait qu’il souhaitait devenir « un auteur reconnu ». Cette expression nous fait tous rêver : bien entendu, nous souhaitons tous devenir des auteurs reconnus. Cependant, il serait bon de savoir ce que suggère réellement cette formule assez vague en soi.

Pour ma part, je distingue trois façons d’être reconnu en tant qu’auteur :

  1. par ses pairs, les autres auteurs ;
  2. par les éditeurs, surtout parmi les plus importants ;
  3. par les précédents, plus le grand public, ce qui fait de l’auteur une sorte de star.

Le premier stade est, à mon avis, le plus difficile à atteindre pour un auteur débutant, car il constitue une première entrée dans l’univers littéraire. Un auteur qui ne serait pas reconnu comme tel par les autres n’a pas la moindre chance, à mon avis, de franchir avec succès les portes de la grande famille des auteurs. Cela tombe sous le sens, direz-vous ? Sans doute. Mais c’est parfois loin d’être évident pour un auteur qui ne considère que ses propres ouvrages, sans jamais prêter attention à ceux de ses pairs. Pour être reconnu par eux, il faut d’abord les fréquenter, se procurer leurs livres, discuter avec eux… C’est ainsi d’ailleurs que leur lectorat peut devenir le nôtre.

Cela nous amène-t-il directement au 3ème stade ? Peut-être, mais il faut tout de même passer par le 2ème et c’est souvent là que le bât blesse : être édité, de préférence par l’un de ces éditeurs les plus connus car c’est leurs publications que l’on trouve généralement en librairie, alors que les éditeurs plus modestes, bien qu’ils constituent 90% de l’édition mondiale, doivent se contenter de se diffuser par leurs propres moyens, sans constituer de stocks importants, donc sans grande distribution.

C’est alors qu’un paradoxe particulièrement surprenant s’installe : si l’on cherche à maintenir, sinon une connaissance approfondie, du moins un contact permanent avec le milieu de l’édition, comme je m’efforce moi-même de le faire, on constate que bien des auteurs, même publiés chez le grand Galligrasseuil, ne sont pas des « auteurs reconnus » – en ce sens qu’ils ont certes franchi le 2ème stade, mais sans forcément parvenir jusqu’au 3ème… !

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Scam : 4e baromètre des relations auteurs/éditeurs

A la veille du Salon du Livre, la Scam, en partenariat avec la SGDL, publie son 4e baromètre des relations auteurs/éditeurs. 1.145 écrivains donnent leur avis : des auteurs globalement satisfaits… 61 % des auteurs se déclarent en effet satisfaits des relations avec leurs éditeurs (71 % en 2011) mais ce degré de satisfaction générale présente des résultats très différents selon les étapes de la vie du livre depuis le contrat jusqu’à la promotion.

Les à-valoir, la rémunération des auteurs, la reddition des comptes, l’édition numérique, la formation des auteurs… le baromètre aborde tous les sujets de la relation auteur/éditeur. Avec 1.145 écrivains qui ont répondu, cette 4e édition du baromètre a acquis sa légitimité auprès des éditeurs. Ainsi, lors de la présentation des résultats de ce baromètre à la presse, ce lundi 12 mars, Antoine Gallimard, président du SNE (Syndicat national de l’édition) et Paul Otchakovsky- Laurens, éditeur, sont venus dialoguer avec Pascal Ory, vice-président de la Scam et Jean Claude Bologne, président de la SGDL.

La SCAM et la SGDL se félicitent que ce baromètre soit dorénavant l’occasion de renforcer les discussions entre les différents partenaires de l’édition. « Je vois ce baromètre de manière tout à fait positive. Chaque fois qu’on peut apporter une amélioration à la relation auteur éditeur, c’est important » a ainsi déclaré Antoine Gallimard. S’il ne faut pas généraliser les comportements inappropriés de certains éditeurs il ne faut pas pour autant les ignorer puisqu’ils jettent le discrédit sur l’ensemble d’une profession que les auteurs apprécient dans son ensemble.

Jean Claude Bologne et Pascal Ory ont insisté sur l’importance d’une relation de confiance à toutes les étapes de la création, de l’élaboration du livre à sa diffusion et à sa promotion. Au moment où il faut relever le défi du numérique, ils ont demandé une clarification des relations contractuelles. Antoine Gallimard « sensibilisera les adhérents du SNE à une meilleure transparence » à propos de la reddition des comptes, sujet sensible de la relation auteur/éditeur; il s’est par ailleurs déclaré « intéressé », même s’il ne croit pas à sa mise en place rapide, par le système de reddition des comptes, fondé sur les sorties de caisse de librairies, tel qu’il est pratiqué en Grande-Bretagne (comme le souhaitent 94 % des auteurs interrogés par le Baromètre).

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