La diffusion : une aventure désespérée ?, par Thierry Rollet

thierry-rollet_120x170On ne le dira jamais assez : pour qu’une œuvre littéraire soit connue, il faut qu’elle bénéficie d’une bonne diffusion. Ce que l’on dit moins souvent, c’est que celle-ci ne dépend pas uniquement de l’auteur et de l’éditeur mais surtout de l’accueil des organismes aptes à assurer la qualité de cette diffusion. Et ceux-ci se révèlent bien souvent aussi difficiles à convaincre qu’un public d’acheteurs potentiels.

Éliminons tout d’abord les diffuseurs proprement dits : ils ont mauvaise réputation, du fait qu’ils exigent un minimum de 60% sur les ventes ainsi que l’existence de stocks de livres d’au moins 1500 exemplaires. Fort peu d’éditeurs ont aujourd’hui les moyens d’investir dans un tel stockage. Quant à ceux qui les ont, ils préfèrent désormais se diffuser eux-mêmes. Rideau sur cette profession aujourd’hui en chute libre du fait de ses volontés démesurées.

Pour le reste, diffusion rime avec publicité. C’est alors aux médias que l’on songe : journaux, radios, télés… sans oublier Internet et tous les moyens qu’il offre et qu’il faudrait citer en numéro un !

Dans le cas des médias, c’est surtout localement que la publicité s’effectuera. Les médias nationaux ne se soucient que d’un panel d’auteurs bien choisis – toujours les mêmes ! De sorte que les journalistes, radios et périodiques nationaux se révèlent aussi difficiles à atteindre que la planète Pluton.

Je citerai quelques exemples personnels :

  • mes courriels adressés aux périodiques nationaux (exemple : Télérama, Historia, le Figaro Magazine…) ont été détruits sans avoir été lus ;
  • mes courriers postaux et envois d’exemplaires de presse aux même médias n’ont reçu aucune réponse. Ainsi, une journaliste de Madame Figaro, fille d’un harki et auteure d’un livre sur la vie de son père, a accepté de « lier amitié » avec moi sur Facebook mais n’a jamais accusé réception de l’envoi de mon livre Moi, Hassan, harki, enrôlé, déraciné, pas plus qu’elle n’a répondu aux nombreux messages que je lui ai adressés.

dreamstimefree_249922_630x419

Que dire, que faire lorsqu’on se retrouve ainsi confronté à des murs de silence, à des gens pourtant bien ciblés mais qui cultivent l’art de faire la sourde oreille ? On peut aussi créer une page auteur sur Amazon ou la Fnac… quitte à subir les bévues de ces organismes qui, lorsqu’on veut commander un ouvrage sur le site, annulent la commande sous prétexte qu’ils n’ont pas de stocks et rejettent la faute… sur l’éditeur !

Il faut aussi savoir que de plus en plus de libraires traditionnels – qui ont bien du mal à résister à la concurrence d’Internet – refusent désormais de recevoir des « offices », c’est-à-dire des envois d’autorité de cartons entiers de livres, qui repartent fréquemment chez les éditeurs sans même avoir été ouverts. Je ne leur donne pas tort : cela permet d’entretenir l’espoir que les grands éditeurs cesseront désormais d’écraser les petits – qui demeurent les plus nombreux ! – puisque les libraires préfèrent maintenant choisir eux-mêmes, sur les bases de données Electre et Dilicom, les livres qui leur plaisent et qu’ils mettront dans leur magasin et dans leur vitrine, à raison de quelques exemplaires chacun.

C’est là un progrès qui permet de terminer cet article sur une note d’espoir : les libraires savent choisir ce qu’ils sauront défendre devant la clientèle. C’est une preuve que, même sur des bases de données ou des sites Internet surchargés, on peut trouver les ouvrages qui vous intéressent en priorité : il ne faut pas négliger l’importance des moteurs de recherche de ces sites, qui permettent à tout usager de trouver le(s) livre(s) qui l’intéresse(nt) selon le genre littéraire et le sujet qu’il préfère. La diffusion sur Internet, à l’heure où la consommation s’effectue à 90% en ligne, demeure par conséquent digne d’éloges et chargée d’espérances multiples – j’en suis convaincu ; et vous ?

Haro sur les silencieux de la presse et vive l’autodiffusion sur la Toile ! Tel sera mon message d’espoir.

Thierry ROLLET
Auteur, Editeur et Agent littéraire

Lionel Maurel (Calimaq) : La malédiction du Petit Prince ou le domaine public un jour dissous dans le droit des marques ?

La semaine dernière, le site Actualitté nous a appris qu’Olivier d’Agay, directeur de la succession Saint-Exupéry, cherchera à faire en sorte que les personnages du "Petit Prince" restent protégés par la propriété intellectuelle, malgré l’entrée dans le domaine public du roman prévue en 2015 (dans certains pays, comme on le verra plus bas). Ces déclarations rappellent celles de Nick Rodwell l’an dernier, qui expliquait rechercher un moyen d’empêcher Les aventures de Tintin d’entrer dans le domaine public en 2054. Ici visiblement, c’est par le biais du droit des marques que les descendants de Saint-Exupéry vont essayer de prolonger leurs droits exclusifs au-delà du terme fixé par la loi, afin notamment de contrôler et monnayer les adaptations et autres produits dérivés.

Petit prince

Avec "Le Petit Prince", on touche comme pour Tintin à une oeuvre majeure du XXème siècle : il s’agit même de l’ouvrage de littérature le plus vendu et le plus traduit au Monde après la Bible. Les enjeux financiers sont considérables, mais ils ne doivent pas masquer l’enjeu culturel que représente l’entrée dans le domaine public d’une oeuvre aussi marquante pour l’imaginaire collectif. Or les personnages principaux du roman - le Prince, la Rose, le Renard ou même la planète aux baobabs – ont été déposés comme marques de commerce, comme peuvent l’être le clown Ronald McDonald, Monsieur Propre ou Captain Igloo… A vrai dire, c’est déjà un usage courant d’enregistrer comme marque des personnages de fiction (c’est le cas par exemple de nombreux héros de BD) pour en faire des franchises. Mais la nouveauté, c’est que le droit des marques est de plus en plus envisagé par les titulaires de droits comme un moyen détourné de prolonger le monopole dont ils bénéficient au-delà de l’entrée de l’oeuvre dans le domaine public.

Cette tactique constitue une menace redoutable pour le domaine public, qui pourrait finir par se "dissoudre" dans le droit des marques si elle était généralisée. Or le cas du Petit Prince n’est pas isolé. D’autres personnages emblématiques appartenant théoriquement au domaine public font déjà l’objet de tentatives pour les "verrouiller" par le droit des marques : PopeyeTarzanZorro ou encore récemment Sherlock Holmes.

Il faut prendre au sérieux ce danger pour que cette "Malédiction du Petit Prince" ne devienne une nouvelle pathologie juridique affectant un domaine public déjà bien affaibli…

Ronald Mc Donald et le Petit Prince : même combat ? (HEARTACHE 2005. Par Christopher Dombres. CC-BY. Source : Flickr)

Le droit des marques et le fantasme de la propriété perpétuelle

Le droit d’auteur et le droit des marques constituent deux branches de ce que l’on appelle la "propriété intellectuelle". L’un est fait pour protéger les oeuvres de l’esprit ; l’autre relève de la "propriété industrielle" et permet normalement à des acteurs économiques de de "distinguer les produits ou services qu’il distribue des produits ou services identiques ou similaires de leurs concurrents" par le biais d’un signe sur lequel leur est reconnu un monopole d’exploitation. Une des différences fondamentales entre ces deux régimes réside dans la durée de protection : par définition, le droit d’auteur est limité dans le temps, en principe 70 ans après la mort du créateur ; une marque déposée reste valide pendant 10 ans seulement, mais elle peut être renouvelée et potentiellement ne jamais s’éteindre tant que cette formalité est correctement accomplie.

C’est là qu’existe un risque d’instrumentalisation du droit des marques pour "neutraliser" le domaine public et empêcher que l’oeuvre puisse être librement utilisée par tous une fois la durée légale de protection écoulée. C’est ce qu’explique très bien Emmanuel Pierrat dans ce billet sur son blog LivresHebdo :

[...] le dépôt du personnage en tant que marque est possible, si l’auteur y a consenti par contrat [...] Cette technique se révèle avantageuse dans les cas où le personnage risque de tomber dans le domaine public. Le droit des marques possède en effet l’immense intérêt d’assurer une protection éternelle, sans risque de domaine public, si les dépôts sont renouvelés en temps et en heure.

Prolonger la marque indéfiniment sur un personnage est un moyen de réaliser pour les titulaires de droits le vieux fantasme d’une propriété intellectuelle perpétuelle, qui existe depuis l’Ancien Régime. Or cela revient à remettre en cause le contrat social fondamental sous-tendant le droit d’auteur depuis la Révolution française, qui veut que les auteurs se voient reconnaître une protection, mais limitée dans le temps afin que les oeuvres puissent retourner au public et alimenter à leur tour le cycle de la création. Rendre le monopole sur les oeuvres éternel, c’est rompre le pacte qui unit les créateurs à la société.

Une nouvelle forme de copyfraud ? Pas sûr ! 

On pourrait penser que cet usage du droit des marques est irrégulier en droit et qu’il s’apparente donc à une forme de copyfraud, à savoir une revendication abusive de droits sur un élément du domaine public. Ce n’est à vrai dire pas certain, car il existe un flou juridique sur la question.

Le fait en soi d’enregistrer un personnage figurant dans une oeuvre de l’esprit comme marque pourrait déjà paraître contestable, mais il a déjà été reconnu en France par la jurisprudence comme le rappelle également Emmanuel Pierrat :

Le Tribunal de grande instance de la Seine a ainsi été convaincu du caractère protégeable du nom de Chéri-Bibi, le 2 mars 1959. 1977 fut une année faste et éclectique pour la reconnaissance du droit sur les personnages : Tarzan a été validé par le Tribunal de grande instance de Paris, le 21 janvier, tandis que Poil de carotte triomphait devant la Cour d’appel de Paris, le 23 novembre suivant. Même Alexandra – compagne de SAS – a bénéficié d’un arrêt de la Cour d’appel de Paris, le 18 décembre 1990.

La semaine dernière, le TGI de Paris a d’ailleurs tranché un litige entre les ayants droit de Saint-Exupéry portant en partie sur les marques déposées sur le Petit Prince, dont la validité n’a pas été contestée.

Tarzan, un de ces héros qui a du mal à entrer dans le domaine public à cause du droit des marques.

Mais ici ce qui a été reconnu, c’est la possibilité de déposer une marque sur un personnage durant la période de protection de l’oeuvre par le droit d’auteur. Cette marque reste-t-elle par contre valide lorsque l’oeuvre entre dans le domaine public ? C’est la question fondamentale que pose la "Malédiction du Petit Prince" et à ma connaissance, elle n’a pas encore été tranchée.

Aux États-Unis cependant, on commence à voir des procès intentés pour contester la validité de marques déposées sur des personnages issus d’oeuvres du domaine public. C’est le cas à présent à propos de Zorro, sur lequel une certaine Zorro Productions Inc. prétend détenir une marque, alors que l’oeuvre d’origine appartient  au domaine public. L’auteur d’une comédie musicale basée sur l’univers de Zorro conteste la validité de cette marque devant la justice américaine, en faisant valoir que « la Zorro Productions Inc a construit un empire de licences sur de la fumée et des miroirs ». L’Edgard Rice Burroughs Inc. a également déjà utilisé la marque "Tarzan" pour maintenir son contrôle sur le personnage,en l’opposant en justice à des personnes cherchant à réutiliser l’image du Seigneur de la Jungle.

Plus récemment, c’est le cas de Sherlock Holmes qui a également soulevé la question de l’articulation entre le droit d’auteur et le droit des marques. A l’occasion d’un procès très important aux États-Unis, un tribunal a considéré en décembre dernier que le personnage de Sherlock Holmes appartenait au domaine public, bien que quelques romans écrits par Conan Doyle soient encore protégés par le droit d’auteur. Cette décision a été considérée comme une victoire pour le domaine public, mais immédiatement le Conan Doyle Estate a déposé une série de marques portant sur le nom de Sherlock Holmes et sa silhouette, afin de récupérer le contrôle sur le personnage par un autre biais que le copyright.

L’ombre du droit des marques qui plane toujours sur Sherlock Holmes malgré la reconnaissance de son appartenance au domaine public par la justice.

Il semble pourtant que la Cour suprême des États-Unis se soit déjà prononcée à propos des rapports entre le droit des marques et le  copyright, dans une décision rendue en 2003 (Dastar Corp. v. Twentieth Century Fox Film Corp.). A cette occasion, la Cour avait estimé que l’usage du droit des marques ne pouvait pas avoir pour effet d’empêcher l’usage d’une oeuvre entrée dans le domaine public et le juge Antonin Scalia écrivait qu’il ne fallait pas que le droit des marques soit utilisé pour créer un "copyright mutant" d’une durée illimitée. Néanmoins, si des procès persistent aux États-Unis à propos de Zorro ou d’autres personnages, j’imagine que les choses ne sont pas si simples et que le domaine public n’a pas été complètement "immunisé" contre le droit des marques par cette décision.

Immuniser le domaine public contre le droit des marques ?

Avec cette "Malédiction du Petit Prince", on se retrouve en fait dans une situation assez classique de fragilisation du domaine public par le biais d’un droit connexe, qui va permettre de recréer une nouvelle couche de droits alors que l’oeuvre est censée ne plus être protégée par le droit d’auteur. Le droit des marques et le droit d’auteur ont tous les deux la même valeur dans la hiérarchie des normes, vu qu’ils sont prévus par la loi. Doit-on faire prévaloir l’un sur l’autre ? Est-ce la marque peut recouvrir le domaine public ou est-ce que le domaine public devrait au contraire neutraliser l’application d’une marque ? C’est une question épineuse auquel un juge pourrait sans doute répondre. Mais en France en tous cas, cette réponse n’existe pas encore… (Mise à jour : un lecteur me cite en commentaire cette jurisprudence de 2011 rendue à propos des Pieds Nickelés, qui est encourageante).

Protéger le domaine public contre l’appétit du droit des marques ? Par Christopher Dombres. CC-BY. Source : Flickr)

Cette situation existe pour d’autres types de droits connexes comme le droit des bases de données, le droit des données publiques ou la domanialité publique, qui peuvent être instrumentalisés à l’heure actuelle pour neutraliser le domaine public. Dans les propositionsque j’avais faites en 2012 pour modifier la loi en faveur du domaine public, j’avais émis l’idée qu’il fallait explicitement prévoir dans la loi qu’on ne pouvait pas porter atteinte à l’intégrité du domaine public sur la base d’un droit connexe. Cette idée s’est retrouvée ensuite dans le rapport Lescure, ainsi que dans la proposition de loi en faveur du domaine public déposée par la députée Isabelle Attard. Mais il semble à présent urgent d’ajouter dans ces propositions des dispositions pour protéger selon la même méthode le domaine public d’une possible réappropriation par le droit des marques. Les marques sur les personnages pourraient à la rigueur rester valides durant la période de protection du droit d’auteur, mais elles s’éteindraient ensuite à l’entrée de l’oeuvre dans le domaine public.

"Le Petit Prince", une oeuvre écartelée… 

Même sans parler du problème du droit des marques, "le Petit Prince" restera tout de même une oeuvre écartelée, dont l’appartenance au domaine public est très problématique. Si l’on en croit les propos d’Olivier d’Agay rapportés par Actualitté, l’oeuvre de Saint-Exupéry devrait entrer dans le domaine public en 2015, mais la réalité est beaucoup plus complexe.

En effet, Saint-Exupéry a disparu en 1944 dans des circonstances mystérieuses au cours d’une mission de reconnaissance et il a été déclaré "Mort pour la France". Cela le fait tomber, comme Guillaume Apollinaire, dans un cas très spécial , où la durée des droits va être complexe à calculer, du fait du byzantinisme de la loi française en la matière. En raison de l’articulation avec la directive européenne qui a prolongé les droits de 50 à 70 ans après la mort de l’auteur, il faudra ici prendre l’ancienne durée de protection (50 ans), y ajouter le bonus des morts pour la France (30 ans) et la durée des prorogations de guerre pour la Deuxième Guerre mondiale (8 ans et 122 jours). On aboutit donc au résultat que le Petit Prince ne sera pas dans le domaine public avant 2032… (merci @Thelonious_Moon pour ce calcul savant !).

Gourmette de Saint-Exupéry, retrouvée en 1998. Photo par Fredriga. Domaine public. Source : Wikimedia Commons.

Mais cela ne vaut que pour la France ! Pour les autres pays du monde, qui en restent à une durée stricte de 70 ans après la mort, l’oeuvre de Saint-Exupéry rentrera bien dans le domaine public au 1er janvier 2015 (1944+70+1). Et dans les pays où cette durée est plus courte, notamment au Canada ou au Japon où la durée de protection est seulement de 50 ans après la mort, le Petit Prince est déjà dans le domaine public depuis 1995 !

On aboutit donc à une oeuvre complètement écartelée, déjà libre dans certains pays, bientôt dans d’autres et seulement dans longtemps en France… sans compter évidemment les éventuelles surcouches qui ont été ajoutées avec le droit des marques par les héritiers de Saint-Exupéry.

Cette situation pathologique est le reflet de la fragilité intrinsèque du domaine public dont on ne sortira que par sa consécration positive dans la loi.

NDLR: Ceci est un article de Lionel Maurel (aka @Calimaq), juriste, bibliothécaire & blogueur. Le billet est mis à disposition sous licence Creative Commons Zero également consultable sur son blog.

Les faux amis des écrits vains, présenté par Siegfried Camoscio

Écrire, c’est toute une aventure. Être publié, c’est un travail énorme, semé d’embûches ; c’est une jungle dans laquelle il faut savoir se frayer un chemin en connaissant dès l’abord son langage particulier, ses pièges, ses angoisses, ses exigences, qui se situent bien au-delà du rêve, de la gloire et de l’autosatisfaction. Plutôt qu’une voie royale, l’écriture et surtout la publication sont des chemins d’épreuves qu’il faut parcourir avec lucidité. La période post-publication est elle-même semée d’autant d’espoirs que de tromperies, avec de faux amis que l’auteur peut rencontrer parmi les éditeurs, les libraires et même parmi ses proches.

Cet ouvrage cherche donc à prévenir ? sinon à prémunir ? les auteurs désireux d’être publiés contre tous les déboires qui peuvent les attendre, de façon à les rendre mieux armés pour se défendre au sein d’une forêt vierge éditoriale en pleine expansion.

Bien que rédigé sous une forme humoristique, qui ne sert qu’à éviter tout pédantisme, l’ouvrage est à prendre au pied de la lettre, tant les dangers qui guettent les auteurs peuvent être présents et permanents et tant leur besoin d’informations fiables peut s’avérer essentiel dans une telle quête.

thierry-rollet_120x170L’auteur, Thierry Rollet, est né à Remiremont en 1960, dans les Vosges, en France.

Il se consacre à la littérature depuis l’âge de 15 ans. Sociétaire des Gens de Lettres de France, il a publié son 1er ouvrage à 21 ans et il en est désormais à quelques dizaines d’ouvrages publiés. D’abord enseignant, il a fondé en 1999 l’entreprise Scribo qui s’occupe de la diffusion de livres, de conseils littéraires aux auteurs désireux d’être publiés, d’édition avec sa filiale : les Éditions du Masque d’Or, de formation en français/anglais et d’un atelier d’écriture. Thierry Rollet a publié des romans, des recueils de nouvelles, des récits historiques, ainsi que de nombreuses nouvelles en revues et sur internet.

Actualitté : Au Canada, des écrivains trop subventionnés pour prendre des risques, estime l’auteur et juré américain Gary Shteyngart

Actualitté : Les écrivains canadiens sont-ils de grandes feignasses paresseuses, qui se reposent sur des lauriers littéraires ? C’est que ce l’ancien juge du prix Scotiabank Giller estime. Gary Shteyngart estime que les auteur/es ne prennent pas de risques dans leur travail, et se contentent de pas grand-chose.

Auteure et critique britannique, Victoria Glendinning avait fait sensation, en 2009, alors qu’elle était membre du jury, et affirmé que de nombreux auteurs canadiens s’épanouissaient dans une sorte de ventre mou. Elle s’était même attaquée au saint des saints, en dénonçant le système de subventions gouvernementales. « Il semble qu’au Canada, vous avez juste à écrire un roman pour obtenir des subventions du Conseil des Arts du Canada et du Conseil des arts de votre province. » L’ancien juré, Gary Shteyngart, avait frappé également sur la vache sacrée canadienne, et dans des termes assez proches.

Mais sa dernière attaque est plus sévère. « Permettez-moi de vous dire ceci. J’étais le juré d’un prix canadien, et c’est un prix subventionné, et ils [NdR : les livres] sont subventionnés, ils reçoivent tous des subventions. Sur un million d’entrées, nous en avons trouvé quatre ou cinq très bons, mais les gens ne prennent pas les mêmes putain de risques ! Peut-être qu’ils veulent plaire au Conseil des Arts de l’Ontario, ou qu’en sais-je ! »

Les organismes de financements ont rétorqué que l’intéressé ne connaît rien aux systèmes de subventions. Pas nécessairement qu’il se trompait…

Souce : Actualitté (via Quill and Quire)

Radio-Canada : L’écrivain d’origine haïtienne Dany Laferrière est le premier Québécois à faire son entrée à l’Académie française

L’écrivain Dany Laferrière Photo : AFP/MIGUEL MEDINA

Radio-Canada : L’écrivain d’origine haïtienne Dany Laferrière est le premier Québécois à faire son entrée à l’Académie française. Il a été élu au premier tour jeudi, à Paris, par les membres de la célèbre institution, avec 13 voix. L’auteur de Comment faire l’amour avec un Nègre sans se fatiguer a été préféré à cinq autres candidats : Catherine Clément (3 voix), Yves-Denis Delaporte (0 voix), Arthur Pauly (1 voix), Jean-Claude Perrier (4 voix) et Georges Tayar (4 voix). À 60 ans, Dany Laferrière devient le plus jeune membre à siéger sous la coupole. Il occupera le fauteuil numéro deux, autrefois dévolu à Montesquieu et, plus tard, à Alexandre Dumas fils, lui-même d’origine antillaise, et laissé vacant par Hector Bianciotti.

La secrétaire perpétuelle de l’Académie française, l’historienne Hélène Carrère d’Encausse, avait personnelle- ment sollicité la candidature de l’écrivain, qui faisait figure de favori pour l’homme de lettres français Bernard Pivot.

Quelques minutes après être devenu « immortel » (c’est ainsi que l’on appelle les membres de l’Académie française), Dany Laferrière a réagi depuis sa ville natale, Port-au-Prince, en Haïti, où il a appris la nouvelle. Il a tenu à clarifier un point : non, il ne déménagera pas à Paris, même si, de son propre aveu, « il ne tient jamais en place ». S’il affirme ne pas vouloir « chambouler quoi que ce soit » en entrant à l’Académie française, il reconnaît que le simple fait de poser sa candidature était un chamboulement en soi.

Hélène Carrère d’Encausse avait même consulté l’actuel Président de la République française, François Hollande, le protecteur de l’institution, sur le cas de ce candidat ni français, ni parisien, né en Haïti et installé à Montréal. Vérification faite, les statuts de l’Académie française n’incluent aucune condition quant à la nationalité des candidats à l’Académie. Et pour Hélène Carrère d’Encausse, « la nationalité, c’est la langue ».

Une nomination qui suscite des réactions enthousiastes

Pauline Marois et Maka Kotto ont réagi par voie de communiqué. Pour la première ministre du Québec, « l’œuvre de M. Laferrière fait honneur à la langue française ». Elle s’est dite convaincue « qu’il saura apporter à l’Académie française une contribution exceptionnelle et y faire entendre une voix originale. » Le ministre de la culture a quant à lui déclaré éprouver « un mélange de fierté, d’admiration et de reconnaissance ». Selon lui, « c’est la littérature québécoise et la littérature haïtienne qui entrent avec [Dany Laferrière] à l’Académie française », et c’est « une grande nouvelle pour la culture québécoise ».

Fondée par le cardinal Richelieu il y a 378 ans, l’Académie française, composée de 40 membres a pour mission de surveiller la langue française.

Rappelons que Dany Laferrière a dû fuir la dictature des Duvalier en Haïti en 1976. Installé à Montréal, il publie son premier roman, Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer, en 1985, et connaît un succès immédiat (il a été traduit en 14 langues). Une dizaine de romans et de nombreuses distinctions suivront, faisant de Dany Laferrière une figure marquante de la littérature québécoise. Son vingtième et plus récent roman s’intitule Journal d’un écrivain en pyjama (Mémoire d’encrier).

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Joignez-vous à 66 followers