Auteur-éditeur : les éléments d’une collaboration nécessaire

Des auteurs, surtout parmi les débutants, reprochent parfois à leur éditeur de ne pas vendre suffisamment. Sans doute pensent-ils que, lorsqu’on se proclame éditeur, c’est qu’on a forcément des capacités de vendeur ? Voilà qui est bien naïf ! Puisqu’un éditeur a des activités commerciales, il est clair qu’il n’est pas plus assuré de vendre que n’importe quel commerçant. Certes, il fera son travail : publicité, diffusion chez les libraires qui lui feront des commandes, etc. Mais tout livre étant un produit sur le marché, il subit la loi du marché comme les autres produits. La clientèle l’achètera donc selon ses envies, qui sont toujours indiscernables, aucun vendeur n’étant télépathe ! Par conséquent, un auteur qui reproche à son éditeur de ne pas assez vendre ses livres est comparable au fournisseur d’un épicier qui lui reprocherait de ne pas assez vendre ses paquets de lessive. Mais oui : telle est la loi du marché !

La meilleure démarche consiste, par exemple, pour un auteur à aller visiter les libraires qu’il connaît et à les inciter à commander son livre à son éditeur. Le libraire pourra ensuite, s’il le désire, contacter l’éditeur et ils finiront sans doute par trouver ensemble un terrain d’entente pour la diffusion. Il est bien évident que, de son côté, l’éditeur peut entreprendre le même genre de démarche, mais aujourd’hui, les libraires choisissent eux-mêmes les livres qu’ils veulent mettre dans leurs rayons et n’acceptent donc plus les envois d’office.

Par ailleurs, si certains éditeurs offrent des exemplaires gratuits à leurs auteurs et disposent d’une diffusion étendue, c’est loin d’être le cas de la majorité. En effet, c’est avant tout une question de moyens ! Très peu nombreux sont les éditeurs qui peuvent assurer de tels avantages. À noter tout d’abord que les éditeurs les plus importants offrent des exemplaires que leur imprimeur leur a offerts, parce qu’ils impriment des stocks importants en offset et qu’il reste toujours, dans ce cas, un certain nombre d’exemplaires non facturés. Mais la plupart des éditeurs, ceux qui ont moins de moyens, impriment en numérique où tous les exemplaires sont facturés.

Enfin, si certains éditeurs modestes demandent aux auteurs d’investir dans l’achat de quelques exemplaires (une vingtaine en général), il ne faut pas s’en offusquer : il s’agit avant tout d’une reconnaissance du travail de l’éditeur. De plus, l’auteur peut revendre lui-même les exemplaires qu’il aura achetés, avec un bénéfice plus intéressant car ils lui seront facturés avec une remise spéciale auteur (environ 30%). Enfin, l’édition étant un partenariat auteur-éditeur, l’auteur peut utiliser ces exemplaires pour effectuer sa promotion personnelle. Il n’y perdra rien en renommée, même s’il doit investir un peu d’argent.

Chacune des deux parties doit donc travailler en fonction de ses moyens. C’est dans cet esprit que toute édition doit s’effectuer.

Thierry Rollet, agent littéraire
Scribo Masque d’Or

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À propos de Guy Boulianne

Guy Boulianne, auteur et éditeur. Ce dernier a réalisé une Quête personnelle, historique, généalogique et symbolique. Il en dévoilera prochainement la teneur dans la rédaction d'ouvrages à paraître.

Publié le 30 novembre 2014, dans Édition, et tagué , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

  1. A reblogué ceci sur jean-louis.riguet-librebonimenteuret a ajouté:
    La collaboration nécessaire entre auteur et éditeur. Une duo obligatoire qui ne doit pas s’arrêter de travailler à la publication de l’ouvrage. La difficulté arrive à ce moment-là, comment diffuser ce livre ? Pour les pointures, il n’y a aucun souci. Mais pour les autres, la diffusion est la conjonction de plusieurs phénomènes de chance. Mais ne peut-on envisager des présentations de livres à des concours, à des salons, à des intervieuws, à des diffusions de livres sur les médias et réseaux sociaux, à des manifestations quelconques, etc. auxquels les auteurs participeraient ? C’est une question. Quel est donc le travail des agents littéraires après la parution des livres, à la manière américaine ? N’y a-t-il pas des maisons d’édition qui ont des personnes dédiées à la diffusion des livres, et pas forcément en vente forcée aux libraires, les envois d’office ?
    Le rêve serait d’avoir un lutin qui se chargerait d’organiser un tour de France des Libraires et Salons pour les auteurs.
    Tout ce travail ne veut pas dire qu’il y a vente. Mais il y a espoir de vente.
    Car il faut que le produit plaise et arrive au bon moment.
    Il est plus facile d’être célèbre après sa mort car le temps ne compte plus.

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