Voici un livre à lire : « Schizophrénie quantique », par Nawfal Jorio

dscn3841Écrit par Jacob Fletcher : Je ne savais pas quoi penser de ce roman lorsque j’ai commencé à écrire cette critique. Comme un thriller où il est aussi question de la nature de l’existence humaine, « Schizophrénie quantique » était un écart par rapport à mes lectures standards de fantaisie, de comédies romantiques, et de tous ces livres que je peux télécharger gratuitement à partir de la boutique Kindle d’Amazon.

Cependant, j’ai été agréablement surpris par ce que j’y ai trouvé : non seulement Schizophrénie quantique est-il un livre magnifique, mais j’en étais aussi assez accroché. Le récit commence avec l’histoire de Yiu Houar, un diabétique quinquagénaire. On dirait que Yiu possède tout ce qu’il peut vouloir dans la vie; il est un investisseur milliardaire qui vit dans un manoir à couper le souffle, dont un nombre impressionnant de voitures de luxe. Dans la réalité, il n’a évidemment pas tout : une nuit, il rêve qu’une voix lui demande qui est-il vraiment — et continue de lui parler chaque soir. Après avoir fait des enquêtes, les psychiatres lui disent à Yiu qu’il est schizophrénique. Pour faire face à la voix dans sa tête, il commence d’abord par ne pas dormir; puis, il se provoque dans un état d’hypoglycémie; puis, il rencontre avec Pablo, un chaman qui vit au Pérou.

Lorsqu’aucune de ces approches ne réussit, Yiu rencontre son ami Sue, une chasseuse de tête. Elle suggère qu’il n’y a qu’un seul moyen de mettre fin à ses hallucinations : il doit réellement répondre à la question de la voix : Qui est Yiu Houar ? Yiu décide — avec l’aide de Sue — de parler aux experts issus de nombreuses disciplines, dans l’espoir qu’ils lui donnent toutes leurs réponses à cette question. Cependant, avant que le temps ait passé, Yiu découvre une autre réalité terrifiante : la voix de ses rêves lui donne un ultimatum. S’il ne trouve pas la réponse à cette question dans quelques semaines, il serait en danger — en grave danger, en fait.

Ainsi se déclenche une aventure qui englobe trois histoires reliées — celles de Yiu; de Konan, un travailleur qui n’est pas citoyen ; et de Zack, qui avait été entraîné pour commettre des actes terroristes.

Schizophrénie quantique a été écrit par Nawfal Jorio. Un analyste et coach d’entreprise financier. Ceci est le premier roman de M. Jorio. Ses divers passe-temps sont répartis tout au travers les gammes artistique (il aime la musique et les lettres), sociales (il aime parler aux gens, développer de nouvelles amitiés, et se questionner sur leurs esprits) et mathématiques. Jusqu’à présent, la première édition de Schizophrénie quantique a été tout à fait réussie, donc M. Jorio a l’intention de publier une deuxième édition.

Écrire une histoire dans un format partiellement épistolaire n’est pas facile, même dans les circonstances les plus optimales. Il est en effet difficile de décider si une scène donnée doit être décrite dans une lettre ou une entrée de journal, ou si elle devait être représentée dans une perspective à la troisième personne. De plus, ce n’est pas facile d’équilibrer l’intrigue d’une manière qui assure que chaque personnage aie assez de temps à l’écran. Cependant, le récit de M. Jorio ne souffre pas de ce problème : il a tissé son histoire habilement, avec la compétence et la grâce consommée. Il a écrit d’une façon que l’intrigue reste organique et holistique malgré son effervescence.

De plus, alors que — le plus souvent — la prose de Schizophrénie quantique reste fonctionnel et terre-à-terre, elle a également des styles, des arômes et des textures uniques qui lui sont propres. Que ce soit qu’elle décrive des hallucinations provoquées par le breuvage d’un chaman péruvien ou bien les routines stupéfiantes d’acrobates qualifiés, c’est facile de voir que M. Jorio est un authentique artisan des mots. Il sait comment placer les mots exacts dans une structure précise qui est indispensable au lecteur lorsqu’il doit imaginer l’histoire dans sa tête ; ses phrases sont parfaitement conçues.

Le roman demeure captivant et effervescent. Les lecteurs trouveront que leurs yeux seront collés à la page; beaucoup d’entre eux auront même du mal à fermer le livre. Schizophrénie quantique est l’un de ces livres où l’on veut dire : « Un chapitre de plus ». Un chapitre de plus … jusqu’à ce que l’on regarde l’horloge et qu’on se rende compte que trois heures se sont passées lorsqu’on lisait.

Malgré son effervescence, Schizophrénie quantique maintient quand même un fil intellectuel et philosophique. Il vous porte à vous questionner sur la petite échelle de l’éthique, de la morale, et de l’identité. Qui êtes-vous — et qui pensez-vous être ? Pourquoi agissez-vous comme tel ? Êtes-vous la personne que vous vouliez être — la personne que vous aimerez devenir ? Quelle est votre place au sein de vos réseaux — votre place au sein de votre monde ? Pour le dire simplement, qui voulez-vous être — et comment pouvez-vous atteindre cet idéal ?

En même temps, cependant, Schizophrénie quantique pose également les grandes questions quant à notre univers. Nous savons depuis longtemps que les affaires sont plus complexes qu’il n’y paraît — que rien n’est jamais aussi simple ou unidimensionnel que cela puisse paraître. Mais où tracer la ligne ? Comment savons-nous que nous ne pouvons vraiment faire confiance à nos cinq sens ? Nous percevons la réalité d’une façon — mais, au fond, la réalité n’est que des perceptions. Nous ne pouvons jamais connaître la réalité sans la percevoir — alors comment est la réalité authentique ? Comme raconte un vieil adage anglophone, il y a trois facettes à chaque histoire — mon côté, votre côté, et la vérité — mais la réalité, c’est que nous ne pouvons jamais connaître (ou comprendre) la réalité objective. En outre, quelle est la nature de l’univers dont nous vivons ?

Bien que l’histoire se raconte du point de vue à la troisième personne, elle est partiellement épistolaire : on témoigne des entrées propres de Yiu, dans lesquelles il parle de son état. De cette façon, Schizophrénie quantique rappelle les anciens romans de fantaisie et de science-fiction — des romans qui décrivent les aventures des protagonistes qui rencontrent des événements mystérieux et qui en écrivent. Dans des tels livres, les lettres, revues et romans apocalyptiques des narrateurs deviennent progressivement plus sombre au fil du temps. En ce sens, l’histoire de M. Jorio s’inscrit dans la tradition littéraire qui est poursuivie par des classiques comme Dracula de Bram Stoker, Frankenstein de Mary Shelley et Tactique du diable de C.S. Lewis.

Enfin, l’idée duquelle le roman surgit est vraiment originale. C’est vrai que de nombreux lecteurs vont se rappeler de Fight Club par Chuck Palahniuk. Dans ce livre, le protagoniste anonyme souffre d’une insomnie si extrême qu’il utilise ses nuits vides pour se battre contre d’autres hommes dans une organisation clandestine. C’est un roman qui, incidemment, engage lui aussi dans les thèmes psychologiques. Mais alors que Fight Club se concentre sur la lutte de cet homme dans le contexte de sa génération et de son pays (les États-Unis), Schizophrénie quantique se concentre sur des thèmes plus universels de la lutte de l’humanité dans le cadre de toute existence.

Toutefois, étant donné tous ses points forts, un aspect de Schizophrénie quantique m’a dérangé : la prose est un peu terne. Comme je l’avais déjà écrit, elle se trouve excellente — vive, détaillée, et prosaïque — lorsque M. Jorio décrit les facettes imaginatives de l’histoire. Cependant, en ce qui concerne les questions plus banales — lorsque Yiu parle aux spécialistes, lorsque Sue ouvre ses courriels, lorsque Yiu écrit de son état — sa prose a tendance à être simplement fonctionnelle. Bien qu’il n’y ait pas de doute que M. Jorio est un grand écrivain, de telles scènes ne montrent pas nécessairement le meilleur de sa capacité littéraire. J’espère que, dans le futur, il pourrait faire encore des efforts pour développer son style de prose ; je sais qu’il est bien capable de s’améliorer.

Quand tout a été dit et fait, Schizophrénie quantique est une histoire qui n’est pas tout à fait comme les autres — que ce soit à cause de son intrigue véritable, de la gestion efficace de multiples points de vue, ou de sa belle prose. Schizophrénie quantique constitue un excellent choix pour ces lecteurs qui aiment les mystères, les thrillers, et de tels récits — ou, en bout de ligne, pour tout lecteur qui aime les romans palpitants. Bien sûr, moi, je l’ai vraiment apprécié, comme vous pouvez le dire — je l’ai vraiment apprécié, et donc je suis un peu partial. Ainsi, la seule façon de savoir si c’est est un bon livre, c’est de le lire vous-même.

Eh, bien, si je vous ai convaincu (où si vous n’êtes qu’un peu curieux), la première édition de Schizophrénie quantique peut être imprimée sur demande. Le livre peut aussi être téléchargé en format Kindle : www.amazon.fr/dp/1326687999. Donc, si vous pensez que ce livre vous plairait, jetez un coup d’oeil à ce lien. Vous pourriez donc lire le livre pour vous-même ; je vous promets que vous l’apprécierez.

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À propos de Guy Boulianne

Guy Boulianne, auteur et éditeur. Ce dernier a réalisé une Quête personnelle, historique, généalogique et symbolique. Il en dévoilera prochainement la teneur dans la rédaction d'ouvrages à paraître.

Publié le 30 juillet 2016, dans - Critique littéraire, Vidéos, et tagué , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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